Culture

Casbah d’Alger Culture

Artisanat

Le secteur de l’artisanat dans la Casbah est en déclin. Il n’a fait l’objet d’aucune politique de soutien fructueuse et, combiné à un tourisme en berne, son état apparaît en rupture avec l’histoire de la vieille ville où il fut florissant Les maîtres artisans restants ne sont pas très nombreux et les métiers artisanaux doivent faire face aux contraintes fiscales et au prix des matières premières. C’est le cas, par exemple, de la dinanderie, confrontée à une diminution du nombre des artisans, à une raréfaction et à la cherté de la feuille de cuivre. De plus, les objets traditionnels sont concurrencés par les produits manufacturés.

À l’époque de la régence d’Alger, les artisans dépendaient du caïd el blad (commissaire de la ville), un haut fonctionnaire proche du dey. Il se crée alors des quartiers spécialisés, plutôt des ruelles ou zenkat, dédiées à un corps de métier. Les boutiques et les corporations encore en vigueur à la fin du xixe siècle ont disparu dans les années précédant la Première Guerre mondiale.

Un des métiers les plus illustres de l’artisanat algérois est la dinanderie, dont la pratique remonte à la période médiévale. Les objets fabriqués par les dinandiers sont essentiellement les sniwa, plateaux en cuivre richement ornés de motif géométrique, les mibkhara, encensoirs, les l’brik et tassa, aiguières et bassines, les berreds, théières, et les tebssi laâchaouets, couscoussiers à couvercle conique. Les motifs employés sont des étoiles, des formes géométriques et des fleurs comme le jasmin. Lucien Golvin voit dans la dinanderie algéroise un legs ottoman, ou du moins des convergences avec les pays qui furent sous domination ottomane ; certains décors en témoigneraient comme les tulipes, œillets, cyprès et fleurs étalées, qui se retrouvent sur divers objets en cuivre ciselé ou incisé.

La Casbah est aussi un important centre de travail du bois. La technique employée est le bois ciselé et parfois peint pour réaliser des coffres, des miroirs et des tables richement décorés. Les boiseries d’art des bâtiments anciens continuent d’être restaurées par les artisans locaux. On fabrique encore dans la Casbah une forme de coffre (sendouk) fait de bois peint. Ces objets sont appelés « coffres de mariée » car ils servent souvent, en milieu rural notamment, à accueillir le trousseau de mariage. Ils comportent deux poignées de chaque côté et une serrure pour en assurer la fermeture. L’ornement se compose de motifs arabo-andalous, souvent à caractère floral, qui font occasionnellement place à des représentations d’animaux comme le coq ou le paon.

Il existe encore un artisanat de confection d’habits traditionnels, comme le karakou, le haïk et le tarbouche. Les boutiques à proximité de Jamaa li houd sont les seules à vendre le « savon d’Alger » (saboun D’zair).

La valeur culturelle de ces métiers commence à susciter l’intérêt des habitants, mais aussi de l’État, qui investit, encore timidement selon les artisans, dans des dispositifs de défiscalisation et des écoles spécialisées121. Certaines initiatives de création d’entreprises artisanales apportent un souffle nouveau aux métiers concernés ; c’est le cas, par exemple, des activités de réalisation et de restauration d’objets en bois peint.

 

 

 

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